Avant même de traiter de la beauté de la femme musulmane, il est important d'en définir les limites. En effet, « al 'Awra », terme désignant les parties du corps à ne pas montrer, est variable et différente selon la personne devant laquelle la femme se trouvera.
Allah (swt) a dit:
وَقُل لِّلْمُؤْمِنَاتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَارِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنْهَا وَلْيَضْرِبْنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَى جُيُوبِهِنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا لِبُعُولَتِهِنَّ أَوْ آبَائِهِنَّ أَوْ آبَاء بُعُولَتِهِنَّ أَوْ أَبْنَائِهِنَّ أَوْ أَبْنَاء بُعُولَتِهِنَّ أَوْ إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي أَخَوَاتِهِنَّ أَوْ نِسَائِهِنَّ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُنَّ أَوِ التَّابِعِينَ غَيْرِ أُوْلِي الْإِرْبَةِ مِنَ الرِّجَالِ أَوِ الطِّفْلِ الَّذِينَ لَمْ يَظْهَرُوا عَلَى عَوْرَاتِ النِّسَاء وَلَا يَضْرِبْنَ بِأَرْجُلِهِنَّ لِيُعْلَمَ مَا يُخْفِينَ مِن زِينَتِهِنَّ وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
«Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ò croyants, afin que vous récoltiez le succès». (Sourate 24 Verset 31)
La 'Awra de la femme devant ses Mahârims
Qui sont les maharims de la femme ?
Tout homme ne faisant pas partie des Mahârims de la femme est un étranger pour elle.
L'Imam Nawawi dit :
« Quant au Mahram qui lui a le droit de voir la femme, de rester seul avec elle, de voyager avec elle, c'est celui pour qui il est illicite d'épouser cette femme de manière définitive... Ainsi l'homme n'est pas considéré comme le Mahram de sa belle-s½ur puisqu'il pourrait l'épouser s'il venait à se séparer de son épouse, de même pour la tante paternelle et maternelle de sa femme ».[Charh Mouslim (volume 3, page 484)]
Que peut montrer la femme devant ses maharims ?
Abou Bakr ibn Hafs a dit :
« J'ai entendu Abou Salama dire : Je suis entré avec le frère de 'Aicha chez 'Aicha et son frère l'interrogea sur la manière dont le Prophète (saws) effectuait ses grandes ablutions, alors elle demanda à ce qu'on lui apporte un récipient d'eau avec environ une poignée d'eau. Alors elle se lava et se versa de l'eau sur la tête alors qu'entre elle et nous il y avait un voile » [Rapporté par Boukhari, Mouslim, Nassa-i.]
Al Hafidh Ibn Hajar a dit :
« Al Qadhi 'Iyadh a dit : Il apparaît (de ce Hadith) que tous deux ont vu ce qu'elle faisait à sa tête et en bas de son corps, dans les limites de ce qui peut être vu par un Mahram. En effet, car elle ('Aïcha) était la tante maternelle de Abou Salama par allaitement (sa s½ur Oummou Kalthoum l'ayant allaité), par contre elle cacha le bas de son corps, comprenant tout ce que le Mahram ne peut voir. Sans quoi (s'il ne l'avait pas vu), il n'y aurait eu aucun sens à ce qu'elle se lave devant eux. Et dans l'attitude de 'Aïcha, il y a un argument prouvant qu'il est recommandé d'enseigner par la démonstration car cela a plus d'impact chez les gens ». [Fath al Bari (volume 1, page 465).]
Ibn Qoudama a dit :
« Il est juste de dire qu'il est permis au Mahram de regarder ce qui communément est apparent ».Al Moughni (volume 6, page 555)
Abdoullâh ibn 'Omar a dit :
« Les hommes et les femmes faisaient leurs ablutions ensemble du temps du Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- ».[Rapporté par Boukhari, abou Dawoud, Nassa-i, ibn Maja]
Al Hafidh ibn Hajar dit :
« Rien n'empêchait qu'ils se réunissent avant l'obligation du Hijab par contre après que le Hijab devint obligatoire alors cela était spécifique aux femmes avec leurs Maharims » [Fath al Bari (volume 1, page 298)]
La 'Awra de la femme devant les autres femmes
De quelles femmes s'agit-il ? Des femmes en général ou des femmes musulmanes uniquement ?
Ibn Qoudama a dit :
« Les règles à adopter entre femmes et les règles à adopter entre hommes sont à mettre sur le même piédestal, il n'y a pas de différence entre deux musulmans se trouvant ensemble et entre un musulman et un non musulman se trouvant ensemble ; tout comme il n'y a pas de différence entre deux musulmanes se trouvant ensemble et entre une musulmane et une non musulmane se trouvant ensemble ». [Al Moughni volume 6 page 562]
Lorsque Shaykh Ibn Baz fut interrogé sur le fait de se voiler devant les non musulmanes, il répondit : « Non, il n'est pas obligatoire de se voiler devant elles car elles sont comme toutes les femmes et ce en conformité avec la parole la plus tangible des savants ».[Fatawal Mar-a, page 82]
La femme peut-elle allaiter devant les autres femmes ?
A cela, Shaykh Moqbil répond :
« Oui, je considère qu'il est permis à la femme d'allaiter devant les autres femmes » [Cassette audio, Fatawal Mar-a]
La 'Awra de la femme devant son mari
Shaykh Al Albani a dit :
« Il est permis à la femme de dévoiler sa 'Awra devant son mari et donc, il est permis à l'homme de regarder la 'Awra de sa femme. En somme, il n'y a pas de 'Awra entre la femme et son mari. Dénonçons à cet effet un Hadith inventé:
« Quand l'un d'entre vous a des rapports avec sa femme ou son esclave (femme), qu'il ne regarde pas ses parties intimes car cela rend aveugle ». [Voir as-Silsilat ad-Da'ifa]
Montrons en quoi ce Hadith est faux:
Interdire à l'homme de regarder les parties intimes de sa femme pendant des rapports, s'inscrirait dans l'interdiction du moyen (le but étant les rapports charnels). Mais comme Allah a permis à l'homme d'avoir des rapports avec sa femme serait-il censé que parallèlement Il lui interdise de regarder ses parties intimes ??! Non, et d'ailleurs un Hadith de 'Aïcha va dans ce sens, elle dit :
« Je me lavais avec le Messager d'Allah dans un même récipient qui se trouvait entre lui et moi et il me dépassait jusqu'à ce que j'en arrive à lui dire, laisse-m'en, laisse-m'en » [Rapporté par Boukhari et Mouslim]
Ce qui apparaît clairement à travers ce Hadith c'est que cela est permis et cette chaîne de narration est appuyée par celle de ibn Hibban d'après Soulayman ibn Moussa qui fut interrogé de la sorte:
« L'homme peut-il regarder les parties intimes de sa femme ?
Il dit : j'ai demandé à 'Atta, et il dit : j'ai demandé à 'Aïcha... »
et elle mentionna le Hadith ci-dessus. » [Nazmoul Fara-id vol.2 page 25]
Al Hafidh ibn Hajar dit :
« C'est un argument permettant à l'homme de regarder la 'Awra de sa femme, et vice-versa »[Fath al Bari (volume 1, page 295)]
La 'Awra de la femme devant les hommes étrangers
Allah (swt) a dit :
وَقُل لِّلْمُؤْمِنَاتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَارِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنْهَا وَلْيَضْرِبْنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَى جُيُوبِهِنَّ
«Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines;» (Sourate 24 Verset31)
...Ce qui peut en apparaître... :
Shaykh Mouhammad al Amine ach-Chinqiti dit :
« [...] Les paroles des Salafs se résument à trois définitions :
1. Ceci désigne le vêtement extérieur. Ibn Jarir Tabari rapporte : 'Abdoullâh (ibn Mas'oud) a dit : « ...ce qui peut en apparaître : Le vêtement » . [Tafsir Tabari (volume 18, page 92)]
2. Ceci désigne ce par quoi la femme s'embellit comme le henné ou le khôl.
3. Ceci désigne certaines parties de la femme : le visage et les mains ».['Adwa-ou al Bayane (volume 6, page 197)]
Ibn Mas'oud a dit :
« Par Allah qui est la seule vraie divinité, il n'y a pas une sourate du livre d'Allah sans que je ne saches où elle a été révélée, et il n'y a pas un verset du livre d'Allah qui fut révélé sans que je ne saches pour qui il fut révélé. Et si je connaissais une personne connaissant mieux le livre d'Allah que moi, et chez qui on puisse aller en monture, j'aurais pris ma monture pour aller vers elle ».(Rapporté par Boukhari et Mouslim)
Abou al Ahwas a dit :
« Nous étions chez Abou Moussa avec un groupe de compagnons de 'Abdoullâh et ils étudiaient le Coran. Alors 'Abdoullâh (ibn Mas'oud) se leva et abou Mas'oud ('Oqba ibn 'Amr) dit : Je ne connais pas une personne laissée après le Prophète (saws) aussi savante de ce qu'Allah a révélé que celui qui est debout. Alors abou Moussa dit : et bien, si tu dis cela effectivement il était présent lorsque nous étions absents et on lui donnait l'autorisation (d'entrer) lorsqu'on nous la refusait ».(Rapporté par Mouslim.)